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A quinze jours du départ de son premier Vendée Globe, Manuel Cousin et son équipe se livrent aux derniers préparatifs. Côté avitaillement, une vingtaine de sacs sont déjà installés à bord depuis la semaine dernière. Il reste à embarquer les objets personnels qui accompagneront le skipper durant son tour du monde. Il faut savoir que la mer a bercé la famille Cousin depuis des générations.

La mer, une histoire de famille

« Dans mes plus lointains souvenirs, la mer a toujours été présente dans ma vie. A l’âge de 5 ans, j’ai vu mon grand-père construire son propre bateau. Lorsque j’étais enfant, je passais mes vacances en Bretagne avec mes parents, tout près de Saint-Malo. Mon oncle était moniteur de voile et c’est avec lui que j’ai tiré mes premiers bords. Ce sont ces images d’enfance, avec mes cousins et cousines sur un Optimist, qui ont, je pense, déclenché ma passion pour la voile. Plus tard, j’ai eu la chance également d’assister à de nombreux départs de courses avec mes parents, notamment la Route du Rhum. Je pense que cet environnement familial a beaucoup contribué à ce que je sois aujourd’hui marin professionnel. »

De la musique, des podcasts, et quelques objets personnels

« Je vais emmener peu d’objets personnels mais comme ma famille et mes amis tiennent une place importante dans ma vie, je leurs ai demandé de réaliser une sélection musicale qui me ressemble avec, par exemple, des titres de Véronique Samson. J’aime beaucoup « Chanson sur ma drôle de vie ». La musique est joyeuse, cette chanson me ressemble, et c’est une artiste que j’admire. » précise le skipper.

Manuel Cousin a prévu également de mettre dans sa valise une belle sélection de podcasts, notamment ceux des Grosses Têtes. Côté littérature, il avoue avoir une prédilection pour les récits d’aventures sportives. Quoi de plus naturel qu’il embarque avec lui le magnifique livre de Elisabeth Revol, Vivre, un récit poignant et une ode à la survie en milieu hostile.

« Concernant les objets personnels, je ne prendrai que Madeleine Sourire, une petite pieuvre en peluche. C’était un doudou de ma fille qui a maintenant 22 ans, et qui me suit depuis toujours dans mes navigations. »

Mon père ce héros

Alors qu’il se prépare mentalement à ce tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, Manuel Cousin mesure à quel point son père a joué un rôle important dans ce qu’il s’apprête à vivre.

« Mon père est parti trop tôt. Il comptait énormément, c’était un exemple pour moi. J’avais l’habitude d’être toujours à ses côtés. Il aimait la technique et j’ai appris énormément grâce à lui.  Il aurait été tellement fier et heureux de ce que je peux vivre aujourd’hui. J’aime à penser qu’il m’accompagne. »

Entretien avec manuel Cousin, en toute intimité

A moins d’un mois de son premier Vendée Globe sur Groupe Sétin, Manuel Cousin reste serein sur sa préparation. Le bateau a fait l’objet d’une dernière vérification en septembre lors d’une sortie d’eau. Les systèmes de communication embarqués sont opérationnels, et une éolienne de secours vient d’être ajoutée. Les voiles neuves sont installées. Le bateau est prêt et le skipper a conscience que sa préparation physique et mentale peut faire la différence.

3 ans de préparation et 40 000 milles parcourus

En 3 ans, Manuel Cousin a parcouru plus de 40 000 milles sur Groupe SÉTIN et s’est construit une solide imagerie mentale.

Mercredi 14 octobre 2020

« Le bateau est prêt depuis quelques temps déjà. J’ai une équipe technique qui a bien travaillé. Tout ce qui a été réalisé en travail de fiabilisation sur le bateau a été fait en vue du Vendée Globe. Ce n’est pas un projet que l’on prépare au dernier moment. On y pense et on y travaille depuis l’achat du bateau. On sait que ce sont parfois les petits détails qui font la différence. » précise le skipper.

« J’ai mis à profit ces 40 000 milles pour me préparer mentalement. J’ai une dizaine de transats sur ce bateau. Ca permet de se préparer au sommeil fractionné et d’avoir un mental fort dans des conditions musclées ou à l’inverse, dans le petit temps. En tant que bizuth du Vendée Globe, je mesure aujourd’hui l’importance d’avoir couru toutes les courses du Championnat du monde IMOCA. J’ai acquis une grande confiance en mon bateau et j’ai pris conscience de mes limites physiques. La partie découverte, c’est aussi ce que je vais chercher, repousser mes limites. » ajoute Manuel.

Gérer la dépense physique

« Le physique va être mis à rude épreuve. On évolue dans un espace très restreint. Ce sont trois mois d’efforts intensifs dans des conditions souvent très inconfortables. Donc il est important de se muscler pour ne pas se blesser, et puis aussi pour être en forme physique sur le long terme. Le cardio est très sollicité sur le bateau, à la colonne de winchs, durant le matossage par exemple. La débauche d’énergie va être complètement différente selon le vent et les conditions de mer.

On va avoir avec des périodes où il fera très chaud et où effectivement l’alimentation sera différente du grand Sud. Pour cette longue période de froid, j’ai travaillé avec une diététicienne qui m’a orienté vers des aliments spécifiques pour une dépense d’énergie sur le long terme. »

Viser le Top 5 des bateaux à dérive droite

« On sait qu’avec un bateau comme le nôtre on va mettre plus ou moins cent jours, donc il va falloir aller au bout. En tout cas, on a travaillé dans ce sens. C’est là où la gestion homme- bateau va être vraiment importante. Mon bateau a déjà fait quatre tours du monde, dont deux Vendée Globe et c’est l’un des plus fiables. Je le connais parfaitement. J’ai pour objectif de le placer dans le Top 5 des bateaux à dérives et je me suis fixé moins de 100 jours pour y parvenir. C’est un challenge car le précédent record est légèrement supérieur. »

C’est mon premier Vendée Globe, donc il y a toute une partie découverte. C’est aussi ça que je vais chercher finalement, savoir de quoi je suis capable, comment je vais gérer ça. Même si la préparation est optimale, je pense que je vais apprendre à me connaître mieux encore. J’espère me surprendre, et dans le bon sens !

Interview de Manuel Cousin Préparation Vendée Globe 2020

C’est la dernière étape sportive de Groupe SÉTIN avant le tour du monde en solitaire et sans assistance qui partira le 8 novembre 2020.

Le compte à rebours est commencé depuis la mise à l’eau du bateau le 7 mai dernier !

Deux mois intenses de préparation, de qualifications, d’entraînements pour se préparer à prendre le départ d’une course inédite, la dernière avant le Vendée Globe pour Groupe Sétin.

Le 4 juillet prochain Manu prendra donc le départ de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne.

C’est la première compétition de l’année pour les bateaux qui prendront le départ du Vendée Globe 2020 et pas des moindres !  La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne est une course atypique, un parcours inédit : au programme un départ et une arrivée aux Sables d’Olonne via l’Islande et Les Açores.

« Il me tient à cœur de faire cette dernière course avant le Vendée Globe car elle compte au Championnat du Monde IMOCA Globe Series. J’aurai ainsi participé à toutes les courses depuis 3 ans et je vais tout faire pour terminer également celle-ci. »

Manuel Cousin

Elle a aussi été conçue pour permettre aux concurrents de se qualifier pour le Vendée Globe et d’accumuler de l’expérience avant le prochain tour du monde. Manu est déjà qualifié depuis La Route du Rhum-Destination Guadeloupe, mais il a choisi de faire cette course pour d’autres raisons :

« Cette course est essentielle car elle me permet de me confronter une dernière fois en solitaire avec les concurrents du prochain Vendée. Je viens de terminer les 48 heures de qualification et j’étais vraiment heureux de retrouver le large. C’est un peu une répétition grandeur nature de ce qui va se passer dans 5 mois et côté conditions météo, le nord que nous allons chercher peut beaucoup ressembler au grand sud qui nous attend en fin d’année. Cette course nous remet le pied à l’étrier après une longue interruption. Et avant mon premier Vendée, j’apprécie de pouvoir prendre un départ identique, aux Sables d’Olonne. »

Manuel Cousin

Ce format de course de 3500 milles, plus fourni qu’une transat, nous éclairera également sur les petites améliorations à effectuer sur le bateau durant l’été et permettra de tester l’ensemble du système de communication mis en place récemment.

« Il y aura des concurrents directs, la course va nous permettre de faire quelques speed tests. Mais plus que tout, je pense que chacun devra conjuguer prudence et efficacité pour ne pas mettre en péril un départ tellement attendu le 8 novembre prochain. »

Manuel Cousin

Comment suivre la course ?

Cette course sera particulière, car il n’y aura pas de départ public. Après une semaine de confinement, Manu devra quitter le ponton la veille, soit le 3 juillet en début d’après-midi. Il restera en attente au large jusqu’au départ du lendemain 4 juillet à 15h30.

Cette première compétition internationale depuis la fin du confinement, sera relayée largement par les médias. Vous pourrez suivre le départ en direct sur France 3 Pays de Loire, Normandie et Bretagne, ainsi que sur le site de la course ou encore sur les réseaux sociaux Facebook , Instagram et Twitter.

Enfin, vous aurez accès à une cartographie mise à jour toutes les 5 minutes au moment du départ, ici

Pour suivre la course

Une course et une mission pour l’UNESCO

En partenariat avec la classe IMOCA, la COI-UNESCO a remis à six skippers volontaires, une bouée météorologique METEOFRANCE de près de 20 kg. Manu devra larguer la sienne autour du 44° Nord, entre l’Islande et les Açores ; ce qui permettra de récolter de précieuses données.

La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne est une étape importante pour Groupe Sétin dans sa préparation pour le Vendée Globe 2020.

Un recueil édité chez Gallimard

Durant le confinement, certains skippers ont accepté de contribuer à l’écriture d’un recueil sur leur expérience de la mer et des sports nautiques. Regards d’écrivains et de marins sera dévoilé durant la Vendée-Arctique-Les Sables et fera l’objet d’une publication à l’automne, en prélude au Vendée Globe. Manu a travaillé sur une thématique qui le touche particulièrement, le dépassement de soi. Il dévoile dans son texte, les mécanismes qui ont contribué à son perpétuel goût du défi. A découvrir le 14 juillet sur les réseaux sociaux et sur le site de la course !

Quel programme pour le mois d’août ?

Durant l’été, Manu continuera son entraînement physique à l’approche du Vendée Globe. Le bateau quant à lui, restera disponible pour des sorties en mer avec les partenaires et les clients du Groupe SÉTIN. Une courte période de chantier sera programmée également afin d’effectuer les dernières vérifications et de valider quelques petites améliorations.

Sortie en mer juin 2020

 

Une première course physique et technique

La saison débute plutôt bien pour Groupe Sétin qui se qualifie d’emblée pour la Route du Rhum- Destination Guadeloupe lors de la Bermudes 1000 Race reliant Douarnenez à Cascais au Portugal. C’est aussi l’occasion pour Manuel Cousin de faire une entrée remarquée dans le circuit des 60 pieds IMOCA, lors d’une solitaire particulièrement physique et tonique. Une chose est sûre, il a pris la mesure de sa nouvelle monture !

La Monaco globe Series en ligne de mire

Fort de cette réussite, le skipper et le sponsor ont pris la décision de rajouter une course au programme déjà bien chargé, la Monaco Globe Series. Elle permettra à Groupe Sétin de se qualifier plus rapidement pour le Vendée Globe 2020, l’objectif majeur du projet. Et pour cela, Manuel Cousin a choisi de la disputer en double avec Alan Roura, dont le bateau est actuellement en préparation. un duo qui nous réserve de belles surprises sur l’eau.

 

13/05/18 – Cascais (POR) – Bermudes 1000 Race – © Ricardo Pinto |

 

13/05/18 – Cascais (POR) – Bermudes 1000 Race – © Ricardo Pinto | Bermudes 1000 Race – Douarnenez | Cascais – Arrivals – Manuel Cousin and Groupe SETIN arrives at Cascais

 

Première course de saison pour Groupe Sétin

Groupe Sétin en imoca 60 pieds pour le Grand Prix Guyader

Du 3 au 9 mai, Groupe Sétin, lancé officiellement le 20 avril dernier aux Sables d’Olonne a participé au Grand Prix Guyader à Douarnenez.”L’ambiance à Douarnenez est toujours formidable. On affectionne particulièrement la baie pour naviguer », souligne Manuel Cousin. Après trois premières participations au Grand Prix Guyader en Class40 (en 2015, 2016 puis 2017),  Manuel change cette année de catégorie. Face à lui lors de ce cru 2018, des pointures du Vendée Globe, à l’image de Sam Davies (Initiatives Cœur), Paul Meilhat (SMA) et Yann Eliès (St-Michel), rien de moins.

Un bateau de course optimisé et fiabilisé

“Le Grand Prix Guyader est l’une des premières courses de la saison. Elle nous met un peu de pression pour finir de préparer le bateau mais c’est toujours intéressant de se confronter aux autres assez tôt, de jauger la concurrence en mode course », relate Manuel qui en est encore au stade de la prise en main avec son bateau.

« Depuis le retour du Brésil, nous avons effectué trois mois de chantier. Nous avons changé le moteur, mais aussi et surtout tout vérifié et tout fiabilisé au maximum. Aujourd’hui, nous allons tâcher de faire de notre mieux mais aussi de faire en sorte de valider tout ce qui doit l’être, avec à la fois des côtiers et des runs de vitesse », précise le normand.

Des clients heureux de participer

C’est aussi l’occasion d’accueillir à bord de Groupe Sétin des clients qui vont pouvoir participer aux courses, et qui se souviendront longtemps des quelques bords vécus sur un IMOCA 60 pieds.

“J’aime à souligner qu’il n’y en a qu’une quarantaine en circulation dans le monde” ajoute Manuel.

Le 9 mai, comme un point d’orgue à cette participation, Manuel a pris le départ de la BERMUDES 1000 RACE reliant Douarnenez à Cascais au Portugal, afin de se qualifier à le ROUTE DU RHUM 2018.