Groupe Sétin a retrouvé son élément en fin de semaine dernière après quatre mois de chantier, et une interruption de quelques semaines. Manuel Cousin salue l’implication de son équipe qui lui permet d’aborder sereinement les mois à venir, tant sur le plan de l’entraînement technique que sportif et la confrontation en course avant le Vendée Globe. C’est avec impatience que Manu attend de retrouver la barre de son IMOCA et les sensations du large.

Quel est ton état d’esprit à moins de 6 mois du Vendée Globe ?

« Je garde en tête l’objectif principal du 8 novembre 2020. Pour notre équipe, toutes les cases sont cochées. Le bateau et moi, nous sommes qualifiés depuis la dernière Route du Rhum-Destination Guadeloupe fin 2018 et notre inscription est validée. J’ai profité du confinement pour vraiment me concentrer sur ma préparation physique, mentale mais aussi sur la nutrition. J’ai amélioré mon cardio, j’ai travaillé les muscles profonds du haut du corps, car j’ai bien conscience que, pour le Vendée, il est hyper important de se prémunir au maximum face aux blessures musculaires.

Avec le concours d’une nutritionniste, nous avons établi un schéma de principe, qui s’adaptera à ma forme physique et aux besoins de la course. Les quantités, les calories, les protéines, nous avons tout passé au crible en fonction du parcours. Se faire plaisir également avec de bons petits plats ! Pour moi, l’alimentation est fondamentale, et du coup, je suis dans un état d’esprit positif. Durant le confinement, j’ai aussi approfondi davantage les questions météo avec Christian Dumard, métérologue de renom dans la course au large, afin de me préparer de façon tactique. Nous travaillons le parcours du Vendée Globe à raison de 2 à 4 heures par semaine en visioconférence, en nous basant sur des cas réels et concrets. Nous détaillons tout, en ce moment nous travaillons les Mers du Sud. C’est mon premier Vendée Globe, alors forcément, je suis très attentif à cette partie du globe.

L’entraînement sur l’eau et la confrontation en solitaire

Encore un peu de préparation technique, matage et réglage des différentes voiles, et Groupe SÉTIN pourra reprendre l’entraînement en baie des Sables d’Olonne selon un planning en cohérence avec les règles du déconfinement. Manuel Cousin s’entraînera la plupart du temps en solitaire pour peaufiner ses automatismes.

« Ma dernière course en solitaire en IMOCA était la Bermudes 1000 Race en 2019. J’ai besoin de me retrouver seul à bord de Groupe SÉTIN en mode compétition une dernière fois avant le Vendée Globe. Nous avons donc fait le choix de participer à la course alternative de la Transat New-York-Vendée-Les Sables d’Olonne qui devrait partir le 4 juillet des Sables pour une boucle de 3 600 milles environ.

Dès la semaine prochaine, l’IMOCA Groupe SÉTIN devrait pouvoir remonter le chenal des Sables d’Olonne et tirer ses premiers bords au large, un avant-gout de Vendée Globe pour Manu.

Manuel Cousin skipper de l’IMOCA Groupe Sétin

Qualifié pour le tour du monde sans escale et sans assistance depuis la Route du Rhum 2018, Manuel Cousin vient de s’inscrire officiellement pour le Vendée Globe 2020.

Bien qu’il figure dans le peloton de tête de la course aux milles avec 8667 milles parcourus en course depuis le lancement des Imoca Globe Series, Manuel Cousin souhaite ajouter à son palmarès les deux transatlantiques inscrites au programme IMOCA 2020, The Transat-CIC et la New York – Vendée – Les Sables d’Olonne.

Asseoir le travail effectué depuis 3 ans

Lorsqu’on lui demande pourquoi il souhaite réaliser un sans-faute sur le programme Imoca Globe Series, Manuel Cousin répond en souriant :

« C’est le moment pour nous d’asseoir le travail réalisé en 3 ans. Depuis fin 2017, date de l’acquisition de mon IMOCA, je n’ai pas cessé de m’employer au quotidien afin que ce projet devienne réalité. Il ne suffit pas d’avoir un bateau et un sponsor pour espérer figurer au départ du Vendée Globe et c’est normal. C’est une question d’engagement de tous les instants. Mon équipe travaille actuellement à rendre le bateau encore plus fiable, c’est l’objectif principal de notre chantier d’hiver.

D’ailleurs, je me sens pleinement à l’aise sur cette machine ; on peut dire que je fais corps avec elle et que le couple homme-bateau fonctionne à merveille sportivement et techniquement. Alors quand deux transatlantiques de début de saison me permettent de peaufiner mon expérience du large en solitaire, je dois absolument saisir cette occasion.»

Boucler son premier Vendée Globe pour les 100 ans de Groupe Sétin

Ce n’est pas un hasard si le projet de Manuel Cousin porte le nom d’Energie Globe. L’objectif principal, c’est bien de boucler le tour du monde, et de disputer une course dans la course avec les bateaux à dérives droites, pour fêter les 100 ans de l’entreprise familiale Groupe Sétin.

« A partir de maintenant, je me projette dans les détails pour arriver le plus sereinement possible sur la ligne de départ du Vendée Globe. Je continue ma préparation sportive, je travaille la météo, je supervise le chantier car je dois connaître intégralement le bateau dans ses moindres détails. Et puis le port d’attache du bateau est Les Sables d’Olonne et c’est un avantage dans l’optique d’un Vendée Globe ; nous sommes à la maison. » précise Manuel Cousin.

Deux Transatlantiques en solitaire avant la grande échéance

« Pour moi, The Transat-CIC est une course mythique. C’est aussi la répétition grandeur nature du premier quart du Vendée Globe. C’est une course très engagée, il faudra placer le curseur entre performance et prudence. La New-York- Vendée- Les Sables d’Olonne est symbolique. Franchir notre fameux chenal au retour de New York, c’est un premier frisson avant le grand départ du 8 novembre.» ajoute Manuel Cousin.

Manuel Cousin, skipper le l'IMOCA Groupe Sétin