Alors que Manuel Cousin poursuit sa route vers le cap Horn, il se situe actuellement au sud de la Nouvelle-Zélande. Les empannages se succèdent toutes les deux heures, le long de la zone des glaces. Il fait 5 degrés et le temps est très humide.

Pourtant le skipper de Groupe Sétin sait profiter du paysage comme à son habitude.

” J’étais en train de prendre un ris car il y a de gros grains qui arrivent. Et j’ai vu quelque chose de magnifique, je voulais vous en faire profiter. Un superbe arc-en-ciel . Ca caille ici, il fait 5 degrés. On a des claques à 40 noeuds dans les grains. Je vous laisse je vais finir ma manoeuvre !”

Il nous partage ce moment dans une vidéo.

Manuel Cousin, actuellement au large de la Tasmanie rencontre des conditions météo musclées.

“On vient de passer la grosse dépression qui nous barrait la route. On est derrière le front maintenant. J’ai empanné sur un surf avec 45 noeuds de vent, c’était chaud ! Je ne sais pas si vous vous rendez compte mais la mer est vraiment formée. C’est magnifique mais quand il faut manoeuvrer, ce n’est pas facile, facile !

3 ris dans la grand-voile

On a 3 ris dans la grand-voile et un petit foc à l’avant. A 45 noeuds, c’est la voilure qu’il faut. Je voulais vous montrer ce que ça donne quand ça souffle ! Allez, maintenant, on va essayer de récupérer ce qu’on a perdu en montant au Nord.

Demain dans le Pacifique

Là il y a encore 6 à 7 mètres de creux, 35 noeuds avec des rafales à 40, ça s’est un peu calmé. C’était ma première grosse dépression, j’avoue, je n’en menais pas large 😅 mais ça s’est bien passé. L’entrée dans le Pacifique c’est pour demain”.

Manuel Cousin, qui navigue actuellement sur une “route cabossée” sur le Vendée Globe, parle de la difficulté de garder le rythme en termes de nourriture. Il était en visio ce samedi 26 décembre, sur Groupe Sétin.

Un gros front nous passe dessus

” Ça secoue un peu ! Il y a un gros front qui nous passe dessus. Hier c’était sympa : on a passé un Noël tranquille. Depuis hier soir, c’est changement de décor : la route est cabossée. Je suis à 90° du vent, je vais pouvoir abattre un peu, ça va taper un peu moins. Et après le front, la mer sera croisée : il faudra faire attention.

Je ne connaissais pas l’indien, ni le Pacifique, je découvre, c’est génial. Déjà le cap Leeuwin, c’était une belle fête ! Le Pacifique, c’est une nouvelle page, c’est un vrai bonheur. Même si ce n’est pas toujours facile, comme aujourd’hui, on est venu pour ça aussi !

A propos de Michel Sarran, l’invité du Vendée Live

“Dans ma vie de terrien, je suis un peu « Top Chef » : c’est rigolo qu’il soit à l’émission du Vendée Live. Niveau nourriture à bord, j’essaye de me faire plaisir. Je n’ai pas que du lyophilisé, ce n’est pas comme sur une transatlantique, j’ai pris pas mal de nourriture sous vide.”

” Pour Noël, j’avais un bon plat sous vide, c’est appréciable ! En revanche ce qui est compliqué dans les mers du Sud, c’est que j’ai du mal à me caler. J’essaye de garder un rythme, mais là je suis un peu décalé. J’essaye de faire un bon petit déjeuner en TU, j’essaye de manger vers 13h TU, mais le soir, c’est compliqué car il refait jour vers 8h TU. “

Manuel Cousin a franchi le cap Leeuwin au large de l’Australie ce mercredi 23 décembre à 19h35 UTC. Un Cap qu’il savoure comme un cadeau de Noël, point de passage vers des eaux qu’il ne connaît pas encore. Il navigue dans l’océan Pacifique pour la première fois, et il pointe ce matin en 21ème position du Vendée Globe.

« Nous étions à distance de VHF hier avec Jérémie Beyou-Charal. On a pu discuter, ça faisait longtemps que je n’avais pas échangé oralement avec un autre skipper. C’était juste avant qu’il ne me rattrape et c’était vraiment sympa. ».

L’Indien, un bilan contrasté

« L’océan Indien a été compliqué au niveau météo avec une mer chaotique, on peut dire qu’il a été capricieux. Par contre, j’ai été surpris par les températures assez douces. J’aborde le Pacifique comme une grande découverte et sans grosse appréhension bien qu’une autre dépression nous attende. Je savoure la chance que j’ai d’être encore en course. Le but ultime c’est d’aller au bout de ce tour du monde et c’est pour ça que je fais attention au bateau, et que j’essaie de prendre soin de moi au maximum. » ajoute Manuel Cousin

Des safrans sous haute surveillance

« Le bateau va mieux. J’ai dû m’arrêter 12 heures pour déposer le safran bâbord, et travailler sur les fissures. Depuis, j’ai des petites fissures qui apparaissent sur le safran tribord mais tout est sous contrôle. J’ai un bel oiseau un peu blessé et forcément, ça influe sur ma façon de naviguer, sur ma façon d’aborder les dépressions. »

Recoller au petit groupe devant moi

« Je fais tout pour recoller au petit groupe devant moi, avec Pip Hare-Medallia, Didac Costa-One Planet-One Ocean et un peu plus loin Stéphane et Arnaud. Actuellement, les conditions sont idéales 20/25 nœuds de vent, je file entre 15 et 20 nœuds. Mais je surveille de près la météo pour choisir le meilleur placement par rapport au coup de vent prévu le lendemain de Noël. La route est encore longue et il peut se passer plein de chose. Pour le Pacifique, c’est toujours rassurant d’être à plusieurs bateaux. » termine le skipper

Tout va bien à bord de Groupe Sétin en ce dimanche 20 décembre. Manuel Cousin est toujours en 20ème position du Vendée Globe. Il est à environ 1000 milles du Cap Leeuwin, le deuxième cap emblématique de ce tour du monde sans escale et sans assistance.

Il devrait passer le cap Leeuwin aux environs de Noël.

“Aujourd’hui c’est gris et brumeux, entre 28 et 30 noeuds de vent, ça file bien ! Je surveille de près mes safrans…Un petit clin d’oeil à ma Normandie et à Amandine Petit, la nouvelle Miss France. bravo à elle !”

Manuel Cousin était à la vacation de 10h ce matin. Malgré les problèmes de safrans qu’il rencontre, le skipper de Groupe SÉTIN reste positif et dégage toujours la même joie d’être présent sur son premier Vendée Globe. Il navigue actuellement en 20ème position, et devrait passer le cap Leeuwin en début de semaine prochaine.

” Je suis au-devant de la dépression, le vent a commencé à se lever cette nuit et ça glisse bien. Il monte à 25-28 nœuds, c’est assez confortable. Normalement elle devrait nous amener jusqu’au cap Leeuwin. C’est toujours sympa d’être à l’avant d’une dépression, c’est comme si on était en première classe dans le train. Et puis quand elle nous dépasse, on repasse en troisième classe avec la mer croisée et les rafales. Donc pour l’instant on profite des belles glissades sur des belles vagues bien rangées. “

Un oeil sur les safrans

“Je garde un œil sur mon safran et sur l’autre aussi. Ça influe beaucoup sur ma façon de naviguer car je fais très attention au matériel. Hier, je me suis aperçu que d’autres fissures arrivaient. Il n’y a pas de drame pour l’instant, mais ça me soucie.”

La réparation que j’ai faite tient, mais il y a en a d’autres à côté et sur l’autre casque. Je suis assez préoccupé et je fais attention. J’ai des idées si ça venait à s’aggraver, mais pour l’instant l’heure est à la prudence et au soin du matériel.

Chaque jour un nouveau défi

Chaque jour amène un nouveau défi. Dès qu’on a l’impression que ça commence à aller mieux, il y en a un autre souci, petit ou grand. L’ascenseur émotionnel est assez fort. Le gros problème à bord est celui sur les safrans, pour le reste, on croise les doigts.

Il y a évidemment des petites bricoles comme tout le monde. Cela joue beaucoup avec la fatigue car à chaque fois que tu bricoles, ça puise de l’énergie et c’est en plus du sommeil en moins. Ça se mord la queue. Cette nuit, le vent était modéré, j’ai pu bien me reposer car hier, lorsque je me suis aperçu des nouvelles fissures, j’étais un petit peu au fond du trou.

Très heureux d’être là

Si je fais exception de ça, je suis très bien. Je suis très heureux d’être là. On a la chance d’avoir des contacts assez réguliers aujourd’hui et je l’ai tellement voulu d’être ici aujourd’hui. Lorsque je regarde les routages et la cartographie, je trouve ça dingue, j’ai encore du mal à réaliser que je sois là. J’ai la chance d’être bien, physiquement je me sens bien, je fais toujours très attention à l’alimentation et au repos. ” 

Manuel Cousin, toujours en 20ème position du Vendée Globe 2020 navigue actuellement au Nord des Iles Kerguelen, à l’avant d’une belle dépression qui le pousse vers le Cap Leeuwin.

“Le bateau est matossé à bloc. Il file bien dans un mer bien rangée avec un vent instable qui oscille entre 20 et 35 noeuds. J’ai la voile du temps, avec mon petit Gennak et deux ris dans la Grand-Voile. Ce soir il faudra empanner et faire passer les 400 kilos de matériel d’un bord à l’autre. S’il y a des volontaires, je suis preneur !”

“Je suis dans un petit groupe et je discute souvent avec Arnaud (Boissières). Il y a toujours une bonne dizaine d’oiseaux derrière le bateau, c’est vraiment sympa.

” Je devrais atteindre le Cap Leeuwin et passer dans l’Océan Pacifique en tout début de semaine prochaine.”

Manuel Cousin était ce matin à la vacation du Vendée Globe pour raconter ses dernières 48h00 de course sur Groupe Sétin et parler de la dépression à venir. Il fait route actuellement vers le Cap Leeuwin.

« On a eu de la pluie dans le front, une petite dépression bien pêchue dans les 48 dernières heures. La température est incroyable, en ce moment j’ai presque 18 degrés au thermomètre. Ce matin le temps est beaucoup plus maniable, une petite vingtaine de nœuds. On va rencontrer une grosse dépression entre ce soir et demain matin, c’est pour ça que je suis resté assez haut. On devrait prendre le nord de la dépression, avec des vents portants pour nous emmener loin vers le cap Leeuwin.

Contourner la dépression par le nord

On devrait avoir du vent entre 30/40 nœuds, mais plus bas il devrait y avoir des vents beaucoup plus forts. Il faudra faire attention. Il y a 25 nœuds sur les fichiers, mais c’est toujours beaucoup plus fort dans la réalité. J’essaye de ne pas faire souffrir le bateau pour sortir des mers du sud avec un bateau en bonne forme.

C’est sympa d’avoir un petit groupe devant à rattraper. On a vu depuis le départ que certains bateaux un peu plus vieux marchent très bien. Didac (Costa) et Pip (Hare) font bien marcher leur bateau. J’étais devant à 150 milles quand j’ai eu mon avarie de safran, j’ai dû remonter un peu plus au nord pour avoir de meilleures conditions pour faire mes réparations. Ils sont donc repassés devant, mais maintenant ça me donne un objectif supplémentaire. Je vais essayer d’aller les chercher, d’aller les titiller ! Il y a Arnaud (Boissières) et Stéphane (Le Diraison) derrière c’est bien aussi.

Toujours beaucoup d’oiseaux

Ces dernières 48 heures il faisait tellement mauvais que je voyais à peine l’arrière du bateau. Il y a toujours beaucoup d’oiseaux qui nous suivent. Parfois avec plus de chance c’est un albatros. C’était le cas il y a 2/3 jours, un albatros m’a suivi pendant vraiment longtemps, c’est un pur bonheur je ne m’en lasse pas. Ils volent aussi vite que le bateau. C’est vraiment très grand, ça fait bien 3 mètres d’envergure et son vol est majestueux. C’est magnifique, c’est impressionnant ! »

Manuel Cousin est allé chercher la bascule de vent au centre de la dépression au près. Il a ensuite viré de bord et il continue au près avec 30 à 35 noeuds de vent. Un lundi matin un peu rock’n roll comm en témoigne cette vidéo.

Ces conditions musclées devraient permettre à Groupe Sétin de rester devant le front pour traverser l’Indien le plus vite possible en direction du Cap Leeuwin. Tout va bien à bord !

A la vacation de ce dimanche midi, Manuel Cousin revient sur son avarie. Il a dû stop er sa course durant 24h00 pour réparer son safran. Il a perdu deux places au classement, et tente de saisir un front qui lui permettra de reprendre sa position dans la flotte. Actuellement 20ème au classement.

” Je suis descendu au niveau de la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA) cette nuit pour avoir un petit peu de vent car il n’y avait pas beaucoup d’air et là je vais remonter au Nord-Est pour essayer d’aller prendre le devant d’un front qui devrait m’emmener bien loin dans l’océan Indien. Ce n’est pas très simple, j’ai 8-10 nœuds de vent, on va être au près une bonne partie de la journée, on va remonter au Nord à Nord-Est pendant une bonne douzaine d’heures et normalement je vais virer dans la nuit. On devrait retrouver des vitesses dignes de nos bateaux.

Avec ce qui est arrivé sur mes safrans, j’étais content d’avoir des conditions clémentes. Il y a deux jours, j’ai passé toute une nuit à enlever le safran et à réparer le casque (pièce qui tient le safran au bateau). Ce n’était déjà pas évident comme ça donc j’aurais eu du mal à le faire dans des conditions plus mouvementées. En concertation avec l’équipe, on a décidé qu’il fallait démonter le safran. Ce n’était pas une mince affaire. J’ai fait tout le travail de stratification nécessaire. Même si on a de la résine spéciale qui sèche vite avec le froid et dans l’eau, il a fallu laisser sécher un petit peu à l’extérieur, ensuite tout remonter et heureusement à ce moment-là c’était le safran tribord qui travaillait donc ça a laissé le temps à la réparation de prendre. Je vais la jouer pédale douce dans les prochaines heures quand même.

Des conditions changeantes

Cette nuit les conditions étaient assez changeantes donc il a fallu pas mal régler et changer de voiles, mais la nuit d’avant, j’ai pu vraiment me reposer. Là, ça va beaucoup mieux et le fait de savoir que le bateau va bien, moi je vais bien aussi. On fait vraiment un couple homme-bateau sur ces courses-là, et quand l’un va, l’autre va aussi. ”